Distinguer un bon vin d’un vin classique : quels repères ?

le 27 octobre 2009 à 07:38

par Eric – riesling.over-blog.com

Nous sommes dans les vignes d’Alsace en cette fin Septembre 2009. Nous sommes sur un coteau d’un même cépage appartenant à deux propriétaires.

 

 

A ma gauche, un rang de vigne séparé de son suivant par…rien, le sol à l’état brut, même pas un herbe. il s’agit d’un raisin classique : il porte jusqu’à 36 grappes par pied, ce qui est énorme, les feuilles sont encore vertes et fournies, les raisins sur les grappes sont serrés, à tel point que la pourriture a réussi à se développer alors qu’il fait hyper-sec (pas une goutte de pluis depuis le 23 août). Engrais et pesticides, herbicides aussi. Pas de taille au printemps, des raisins serrés, pas de vendange en vert. Et lorsque je goute ce raisin, il est d’une acidité tranchante, verte, âpre, et les arômes sont, pour être très poli, extrêmement discrets.

 

A ma droite, un rang de vigne séparé de son voisin par des mauvaises herbes, encore des fleurs en cette vendange tardive, les feuilles commencent à virer au jaune. Ici pas d’amendement pour pousser la vigne. Les grappes sont clairsemées. Les baies ne sont pas serrées. les pieds ont été taillés au printemps, et ça a suffit. Au coup de légère grêle on y a écarté chaque grain qui était éclaté, de telle façon les grappes sont saines. La verdure est clairsemée de telle façon que le vent (2009 une année à vent) a pu y pénétrer pour sécher la vigne lors des épisodes pluvieux (première quinzaine de Juillet). Pas d’engrais, ni herbicide, ni pesticide. Ici, le grain de raisin est gouteux, parfumé, riche d’arômes déjà complexes; la peau en effet consistante de son épaisseur (d’année de nuit fraiche).

 

A un mètre de différence, la  différence de qualité de matière première saute aux yeux et au palais de n’importe qui.

 

Mais poursuivons….d’un côté des vendanges à la machine à vendanger, qui secoue violemment les pieds, qui éclate certaines baies, le tout est déversé dans une benne de mini 1 tonne de contenance où le jus est déjà en contact avec l’oxygène. Au fond de la benne une vis sans fin qui triture le raisin, puis un angle droit et un tuyau de section réduite par lequel le raisin, compressé, doit sortir.

 

de l’autre, des sceaux remplis délicatement par des vendangeurs armés de sécateurs fins, puis des botiches, le raisin est sain et aucun grain n’est eclaté, raisins qu’on amènera directement et immédiatement dans les pressoir.

 

Là, le type de vendange est lui aussi parlant, non ?

 

On continue ??? Car là aussi, il y a matière à dire : celui qui aura des raisins « stériles » car sur-traités, au rendement trop élevé et donc dilué et sans arômes, emploiera des levures aromatiques et une bonne partie de la panoplie des 44 produits qu’on a le droit d’employer lors de la vinification.

 

Celui qui aura pris soin d’une vigne saine n’aura pas besoin de levures, en tout cas pas aromatiques, ni de la panoplie des produits du parfait petit chimiste-œnologue.

 

…on continue ?

 

Je terminerai par dire que s’il y a quelques années ce n’était pas exact, le vigneron du vin classique vendra son vin au minimum deux à trois euros moins cher que le vin de celui qui se fait ch… à faire du bon vin, mais seul un des deux gars sera fier de son vin, et les clients du second sont encore des bienheureux car, un jour béni, les bons vins se vendront autant de fois plus cher qu’ils ne le valent en qualité.

 

Eric

Amoureux des Vins d’Alsace

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Cet article a été publié le Mardi 27 octobre 2009 à 7 h 38 min et est classé dans Non classé. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez aller directement à la fin et laisser un commentaire. Les pings ne sont pas autorisés.

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